Il était le 20 août 1944 dans l’église de Saint Lambert...

Mis en ligne: 2007-03-24

Walter Schafer appartenait à la 2e compagnie du bataillon de transmissions de la 10e SS Panzer-division « Frundsberg ». A la mi-août 1944, à bord d’un Sdkfz 251 radio, lui et son équipage avaient franchi l’Orne au pont de Putanges et s’étaient dirigés vers la Dives. Avec d’autres unités de sa division, Walter Schafer s’est ensuite retrouvé encerclé dans la poche de Falaise - Chambois.

« C’est dans la nuit du 19 au 20 que nous sommes arrivés à l’église de St Lambert. Celle-ci était encombrée de soldats. Les membres de l’état-major s’étaient réunis dans le cœur pour discuter et consulter les cartes. Moi, je me tenais à l’autre bout près de l’entrée principale de l’église, je ne pouvais entendre ce qui se disait, mais la discussion était soutenue.

Vers midi le Général Harmel prit la parole. De la marche qui marque la limite du cœur de l’église, il nous exposa rapidement la situation : nous étions encerclés et il allait falloir effectuer une percée. Il précisa que seuls les soldats armés pourraient prendre part à cet assaut.

Après qu’il eut prononcé la devise des Frundsberg : « Par devant, par-dessus, au travers », nous avons pris la route direction Coudehard. Le général Harmel ne cessait de changer de position. Faisant une partie du chemin avec nous, il reprenait sa voiture pour remonter ou redescendre la colonne afin de nous soutenir. Nous avions beaucoup d’estime pour lui, il était proche de nous et nous le surnommions papa Harmel. Il n’hésitait pas par exemple à participer aux matchs de foot organisés dans l’unité. La colonne se déplaçait lentement et nous subissions un feu continu. Quand cela était possible, on roulait par deux véhicules de front. Nous sommes enfin arrivés à Coudehard et avons viré a droite.

Alors que notre véhicule commençait à escalader la pente, nous avons pris un obus, qui a cassé le moteur. Conformément aux ordres, nous avons incendié notre semi-chenillé afin qu’aucune radio ne tombe aux mains de l’ennemi. J’ai quand même pris soin d’emporter la mitrailleuse de bord, une MG 42 qui autant que je m’en souvienne était bien lourde. C’est à pieds que nous avons continué notre retraite.

Arrivés au sommet de la colline, là où se trouve le parking du Mémorial de Montormel, nous avons subis des tirs provenant de notre gauche. Sur ordre de mon chef j’ai ouvert le feu en direction de ces tirs. C’était la première fois que j’ai eu à ouvrir le feu sur l’adversaire. Sans chercher davantage le contact, nous avons continué notre route. Plus loin, nous avons découvert un semi-chenillé abandonné ; il a démarré aussitôt. Nous étions sortis de la poche… »

Après la fin de la bataille de Normandie, Walter Schafer poursuivit sa route jusqu’en Hollande, où il a pris part aux combats d’Arnhem. Le 8 mai 1945, il était encore sous l’uniforme quand la guerre a pris fin. Capturé le 25 mai par les Américains, il s’est évadé en juillet de la même année alors qu’il était en route pour la France.

La 10e SS-Panzerdivision « Frundsberg »

La 10e SS-PzD « Frundsberg » est une division créée en octobre 1943, en France, en Charente. Contrairement aux autres formations de la Waffen-SS, formées de volontaires, elle est majoritairement composée de conscrits.

Elle prend part en avril 1944 au combat de Tarnopol où elle subit son baptême du feu. Elle parvient à ouvrir un corridor permettant à la LSSAH de se dégager de l’encerclement soviétique.

Engagée en Normandie pendant les combats de l’été 1944, elle se replie ensuite par la Somme, puis la Belgique. Elle devait être envoyée au repos en Allemagne, mais le déclenchement de Market-Garden l’obligea à intervenir aux Pays-Bas, près d’Arnhem.

A partir de mars 1945, la Frundsberg fut engagée à l’est, contre les Soviétiques. Elle défendit Szczecin, puis fut transférée en Saxe, où elle tenta sans succès de s’opposer à l’avance de l’armée rouge sur Dresde.

La 10e SS Frundsberg est l’une des rares unités SS à ne pas avoir était accusé de crime de guerre.



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